Aude Danieli


Poste

Doctorante

Institution de rattachement

Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS)

Diplômée de l’Université Paris Est, Aude Danieli est doctorante en sociologie au sein du Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (Université Paris Est, École des Ponts Paristech, CNRS) et du Groupe de Recherche Énergie, Technologie et Société (EDF Lab). Elle prépare une thèse en sociologie sur les processus d’innovation relatifs aux compteurs communicants d’électricité Linky en France, sous la direction scientifique d’Olivier Coutard, DR CNRS, LATTS, et en partenariat avec Cécile Caron, ingénieure en sociologie, GRETS, EDF Lab. Ce travail de recherche propose au travers d’un important travail empirique et une méthodologie qualitative — plus de 135 entretiens et observations ethnographiques dans 4 zones géographiques à travers 5 vagues d’enquêtes entre 2012 et 2016 — dans l’ensemble des mondes sociaux concernés (concepteurs, associations de consommateurs, collectifs d’électrohypersensibles, élus, clients, professionnels d’interface au contact des consommateurs, start-ups de l’énergie, etc.) d’étudier in fine comment les controverses et les tensions autour de cette nouvelle technologie numérique modèlent ses fonctionnalités et ses usages.

Mots-clefs : innovation, numérique, énergie, controverses, compteur communicant, réseau intelligent, morale, données

Recherche doctorale

La « mise en société » du compteur communicant. Expérimentations, usages et controverses dans les mondes sociaux du compteur d’électricité Linky en France. Sous la direction scientifique d’Olivier Coutard, DR CNRS, LATTS. En partenariat avec EDF Lab, sous le tutorat de Cécile Caron, ingénieure-chercheuse en sociologie, GRETS.

Résumé : Initié par décret européen et cadré par le régulateur de l’énergie national (CRE) dès 2005, le compteur d’électricité communicant Linky porte une série de nouvelles caractéristiques numériques (relève et mise en marche à distance, facturation régulière sur consommations réelles, etc.), comparé aux autres compteurs encore utilisés de nos jours (compteur bleu électromécanique, compteur électronique). Depuis décembre 2015, le compteur Linky est diffusé progressivement par le distributeur d’électricité Enedis auprès de l’ensemble des foyers français à l’issue d’une phase expérimentale dans deux régions pilotes (2010- 2014). L’implantation du compteur communicant Linky fait l’objet de mobilisations sociales et de controverses intenses en France. Elles ont d’abord émergé en 2010 et 2011 avant de s’intensifier à partir de la fin de l’année 2015 pour devenir un affrontement médiatique et citoyen sur le thème de la santé, du numérique et de l’énergie. Protection des publics vulnérables (pauvres, électrosensibles, ouvriers), respect de la vie privée, protection de la santé humaine, marchandisation de l’accès à l’énergie : ces controverses laissent entrevoir, en apparence, des sujets de débats très éloignés les uns des autres autour desquels le compteur Linky devient le révélateur de nouvelles interrogations en tant qu’infrastructure de numérisation du monde de l’énergie. Au croisement de la sociologie de l’innovation, analyses des controverses et sociologie de la quantification, notre approche nous permet de montrer que le compteur est loin d’être un objet neutre et ordinaire comme la société l’appréhende à première vue, mais sa trajectoire d’innovation résulte de la négociation de nouvelles mesures de régulation et de contrôle des consommations d’énergie. Cette thèse en sociologie propose au travers d’un important travail empirique et une méthodologie qualitative — plus de 135 entretiens et observations ethnographiques dans 4 zones géographiques à travers 5 vagues d’enquêtes entre 2012 et 2016 — dans l’ensemble des mondes sociaux concernés (concepteurs, associations, élus, clients, professionnels d’interface au contact des consommateurs, start-ups de l’énergie, etc.) d’étudier in fine comment les controverses et les tensions autour de ce nouvel objet technique modèlent ses fonctionnalités et ses usages. Notre travail soutient à quel point la contestation morale interfère avec le processus d’élaboration du compteur communicant et parvient parfois à bloquer l’émergence de certaines fonctionnalités techniques, ou à en modifier le cours. De nouvelles modalités de gestion et de gouvernement des consommations d’énergie font jour, constituées de nouvelles formes de régulations sociales (par exemple : régularisation tarifaire des factures et des contrats des clients, numérisation de la relation de service) et de nouvelles sources de conflictualités (partage de nouvelles données, protection des publics sensibles comme les pauvres ou les citoyens électrohypersensibles, etc.).

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