Présentation

Nous vivons dans des sociétés où les sciences et les techniques concourent à recomposer constamment le social, l’économique et l’environnement, des sociétés où la production de connaissances est intimement liée aux pouvoirs de tous types, des sociétés où l’innovation constitue un bien universel. L’IFRIS s’intéresse à ces questions, à la manière dont se déploient les savoirs, les savoir-faire et les technologies, à la manière dont ils ont pris forme en société, en culture et en politique, à leurs modes de fabrication et transmission, à leur manière de faire des mondes, aux modes d’action et de relations aux autres et à la « nature » qu’ils suggèrent.

En parallèle aux études sur les sciences et techniques (STS), l’IFRIS mobilise des historiens, des anthropologues et des sociologues, les sciences de gestion et les sciences politiques.

Les terrains à partir desquels travaille l’IFRIS sont divers, ce qui constitue un atout essentiel : il étudie les mondes scientifiques et techniques ; la régulation sociale et économique des activités et des produits techno-scientifiques ; l’agriculture et la sécurité alimentaire ; la santé publique et la biomédecine ; le changement climatique, la biodiversité et la santé environnementale ; mais encore les formes de vie permises par Internet et les TIC.

Conceptuellement, il s’agit pour l’IFRIS de déplacer les manières de prendre les questions, de prendre appui sur les mutations décisives des dernières décennies dans les sciences sociales pour insister aujourd’hui sur leurs points aveugles et ce qu’elles ont rendu invisible.

  1. Sans oublier l’importance de l’émergence et des nouveaux assemblages socio-techniques, sans perdre de vue la complexité des réarrangements ou les capacités d’action (agency) des institutions et personnes, l’IFRIS vise à les articuler aux asymétries de pouvoir, à l’autonomie des formes économiques, aux rigidités des formes institutionnelles, aux inerties technologiques et réglementaires – et à leurs capacités de façonner les mondes. Etudier les modes de fonctionnement de REACH requiert ainsi de suivre les molécules, de saisir la création des ontologies, la négociation des seuils de danger – mais aussi les mises en œuvre effectives, et ce qui n’est pas fait. Cela requiert de saisir le rôle des langages experts, celui de la toxicologie mais aussi du juridique et du réglementaire. Cela requiert de repérer le rôle des associations, mais aussi de montrer le rôle central des industriels.
  2. Nous souhaitons aussi ne pas nous limiter aux situations du Nord et entrer par des terrains et des questionnements venus des Suds. Les batailles de pouvoir autour des brevets, des génériques et des médicaments essentiels nous préoccupent, comme le développement d’une pharmacopée ayurvédique « industrielle » et les tensions épistémiques et politiques entre agro-écologie et agrobusiness au Brésil.
  3. Sans sous-estimer le moins du monde le poids des grands états, nous visons aussi à comprendre comment opèrent les formes trans-nationales et/ou « globales », qu’elles soient portées par WWF ou Monsanto, le GIEC, les jésuites ou les compagnies des Indes il y a quelques siècles. Nous considérons en quoi celles-ci font advenir de nouvelles ontologies (« le climat global » par exemple) ou comment elles sont coextensives au « world wide web ».
  4. Nous portons enfin une plus grande attention à certains acteurs. Les acteurs économiques d’abord – autour des « tables rondes multi-acteurs » aujourd’hui, pour les grandes productions agricoles du Sud ; ou autour de l’OMC et de la manière dont elle mobilise les savoirs, la sound science. Mais encore les acteurs globaux institués : l’OCDE, la Banque Mondiale ou le Codex Alimentarius. Il est certes une vivacité maintenue de la société civile mais regarder comment l’opinion publique sur les techniques est « gouvernée », ou comment l’ignorance est activement produite, nous intéresse au plus haut point.

IFRIS : un institut collaboratif sur la recherche, l’innovation et la société

L’IFRIS est, depuis 2007, un consortium d’Unités de Recherche en Ile-de-France qui travaillent sur les questions liées aux interactions entre science, techniques et sociétés ainsi que politiques de recherche et d’innovation. L’IFRIS a défini un projet de LabEx SITES obtenu en 2011.

L’IFRIS, grâce au Labex SITES, peut renforcer la recherche au moyen de bourses post-doctorales, de projets de recherche exploratoires, d’actions de circulation doctorale et étudiante (école d’été, missions pour les étudiants) et de formation qui associent plusieurs équipes de recherche. L’IFRIS gère aussi le Domain d’intérêt majeur de la Région Ile-de-France IS2-IT qui permet de financer des bourses de doctorat.

L’IFRIS regroupe plus de 150 chercheurs et enseignants chercheurs et près de soixante-dix doctorants dans neuf unités de recherche.

L’IFRIS s’est attaché à renouveler l’agenda de la recherche dans le domaine en joignant les intérêts des études sur la science et la technologie et des travaux sur les politiques de recherche et d’innovation autour des questions comme le rôle de l’histoire, le lien au pouvoir, l’attention aux périphéries et aux pays non-hégémoniques, la mise en relation d’outils d’analyse quantitatifs et qualitatifs. Les principaux axes de réflexion se sont portés sur le renouvellement des politiques d’innovation, la transformation des régimes de production des connaissances et la gouvernance globale de la recherche et du système Terre. L’IFRIS a aussi développé une plateforme numérique d’analyse textuelle fondée sur des outils d’analyse novateurs (Cortext).

 Les terrains à partir desquels travaille l’IFRIS sont divers, ce qui constitue un atout essentiel : les mondes scientifiques et techniques ; les institutions de financement et de régulation de la recherche ; la régulation sociale et économique des activités et des produits techno-scientifiques ; l’agriculture et la sécurité alimentaire ; la santé publique et la biomédecine ; la gestion politique et sociale des risques et des pollutions ; la brevetabilité du vivant ; la circulation des médicaments et des pratiques médicales au niveau mondial ; le changement climatique, la biodiversité et la santé environnementale ; les formes de vie permises par Internet et les TIC. Ces terrains font apparaître la diversité des acteurs, économiques, politiques, mondiaux ou locaux, acteurs publics et représentatifs de la société civile. Enfin, l’IFRIS s’intéresse à mettre en œuvre un dialogue entre chercheurs et acteurs non-scientifiques et en favorisant une alliance entre la science et la société.