La globalisation de la R&D industrielle, analyse et modélisation de la dynamique des centres de R&D implantés à l’étranger grâce au concept des proximités


Edwige Chassagneux
Directeur : Philippe Laredo et Aurélie Delemarle
Soutenance : 2011

Laboratoire LATTS/TIO

Résumé

Le travail de recherche que nous présentons dans ce document porte sur la dynamique des centres de R&D industriels implantés à l’étranger. Comme Ronstadt (1978), Asakawa (2001) et Asakawa & Som (2008), nous constatons que la mission et la position des centres de R&D dans le réseau interne d’innovation de la firme évoluent. Nous avons modélisé cette évolution en quatre phases distinctes: l’implantation du centre, la double phase de la construction de son identité grâce à son intégration au réseau interne d’innovation de la firme et à la construction de son réseau externe d’innovation et enfin la maturité du centre. Nous avons ensuite cherché à comprendre comment le centre passait de sa phase d’implantation, durant laquelle il n’a pas encore d’identité propre, à sa phase de maturité, où il est parvenu à se spécialiser et à devenir un élément clé du réseau interne d’innovation de la firme. Nous avons caractérisé chacun des moments de l’évolution du centre par les types de relations entre le centre, son réseau interne d’innovation et son environnement local. Pour y parvenir, nous nous sommes appuyée sur la littérature sur les clusters qui s’est intéressée aux types de liens nécessaires à l’échange de savoirs et de savoir-faire et à la construction de rapports de confiance entre plusieurs organismes au-delà de la seule considération de leur proximité géographique. Cette littérature apporte un outil peu mobilisé dans la littérature sur la globalisation de la R&D : les proximités (Boschma, 2005). Nous avons utilisé six types de proximités pour comprendre et analyser de quelle manière un centre de R&D implanté à l’étranger évoluait : les proximités géographique, institutionnelle organisée, institutionnelle inorganisée, structurelle, cognitive et sociale. Il ressort de nos travaux que chacune des phases de l’évolution du centre se caractérise par une architecture de proximités spécifique entre le centre, son réseau interne d’innovation et son environnement local. Pour parvenir à ces résultats et pour les valider, nous avons combiné plusieurs outils méthodologiques : 1/ nous avons construit et animé pendant deux ans un focus group composé de managers de la R&D industrielle sur le thème de la globalisation de la R&D, 2/ nous avons étudié les centres de R&D implantés à Bangalore de quatre entreprises multinationales : ABB, AkzoNobel, Procter & Gamble et Siemens, 3/ enfin, nous nous sommes appuyée sur un grand nombre de «minicas», recueillis lors d’entretiens informels ou de réunions relatives à la question de la globalisation dela R&D. L’ensemble de ce travail empirique a été fait dans le cadre d’une thèse CIFRE avecl’association européenne pour le management de la recherche industrielle (EIRMA).

TOP